Avec le XXI° siècle, notre civilisation est dramatiquement confronté à des enjeux tout aussi nouveaux que catastrophiques. Ces enjeux sont principalement : du plus immédiat au plus essentiel

  1. Permettre une réalité démocratique au sein de la mondialisation économique
  2. Confiner les risques politiques liés à l’épuisement des ressources stratégiques
  3. Assurer la survie durable de notre environnement malgré une croissance démographique et économique
  4. Préserver l’intégrité de la nature humaine face aux nouvelles capacités de l’ingénierie génétique
  5. Conserver une philosophie de conquête dans un monde clôt

Les commentaires sur le choix des enjeux majeurs doivent être fait sur cette page. Les commentaires sur chacun des enjeux doit être fait dans la page correspondante.

 

Les offres politiques courantes sont incapables de bâtir un projet de sociétés positif compatible avec ces enjeux :

Ø  Elles sont nationales, ou plutôt locales, face à des enjeux internationaux

Ø  Elles sont dans la tactique, parfois dans la stratégie mais plus dans la vision

Ø  Elles sont structurées sur un axe gauche-droite qui était le reflet des enjeux et des conflits du XIX° et du XX°, pas de ceux du XXI°

 

Par inconscience ou par sagesse, nous alternons entre résignation égoiste et optimisme naif. Parfois nous élaborons des plans d’actions tout aussi utopiques que démoralisant.

 

Les commentaires sur les limites de la réflexion poltique actuelle, ou bien au contraire sur les les réflésions existantes qui tente de donner du sens à notre situation sont a poster sur cette page

7 commentaires 

    • Jean-A Etchanchu
    • Posté mai 14, 2008 à 7:29
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    « Tu devrais essayer de changer tes désirs plutôt que l’ordre du monde, Harry ». Jacques Deray, La Piscine.

    Le clivage « droite-gauche » n’est pas dépassé. Non, « [les offres politiques ne] sont [pas] structurées sur un axe gauche-droite qui [serait] le reflet des enjeux et des conflits du XIX° et du XX°, pas de ceux du XXI° ».

    Il y a d’une part les déterminants intimes, l’antériorité lointaine, (prédispositions liées à l’évolution personnelle, la part d’irrationnel en chacun de nous, le contexte symbolique…), qui aboutissent chez l’individu à une certaine compréhension du monde, à la création de sens, puis finalement à une conviction politique, qui peut être consciente ou non. C’est ce que l’on peut appeler la vision du monde, ou la prédisposition politique innée, intérieure, profonde, celle que l’on n’a pas acquise en lisant la presse d’opinion ou en écoutant les candidats d’une élection à la télévision.

    Permettez que je développe le sujet avec la légèreté qui s’impose au non spécialiste que je suis. On peut voir dans l’humanité, de tout temps, deux visions fondamentales, deux prédispositions politiques peut-être accentuées depuis l’âge des lumières et la naissance des utopies : il y a ceux qui veulent changer l’ordre du monde comme le fait dire Deray à Delon dans la Piscine (ontologie morale de l’homme de gauche. En ce sens, Harry est de gauche) et ceux qui considèrent que le monde lui-même, en tant que donné, ne relève pas de la variable d’ajustement face aux désirs humains (ontologie morale l’homme de droite). Loin de tout manichéisme, cette dualité me semble universelle, même si les frontières entre les deux visions sont on ne peut plus poreuses, parce que la causalité et les déterminants qui font notre sensibilité forment des systèmes complexes.

    En face de cette prédisposition politique intime, il y a l’offre politique, qui forme une autre réalité, un sujet distinct. Cependant, quoique relevant de réalités différentes, l’offre politique et la prédisposition politique sont liées puisque la première se structure en partie sur la seconde : l’offre politique se structure d’abord sur l’une des deux visions fondamentales de l’homme et de sa place dans le monde, telles qu’évoquées plus haut.

    Or cette dualité du rapport de l’homme à soi et au monde, même si elle devient l’objet de l’offre politique -il faut bien faire correspondre un besoin à toute offre, en politique comme en économie- ne dépend pas pour autant de telle ou telle période de l’histoire et des enjeux passagers qui lui seraient associés : en l’occurrence « les enjeux et les conflits du XIX° et du XX° siècle ». De tous temps ces deux visions ont existé chez l’homme, et elles continueront d’exister, car elles procèdent d’abord de la nature même de l’être humain et non de l’histoire.

    En ce sens, le fameux « axe gauche-droite » est loin d’être obsolète. On ne peut pas objectivement décréter sa fin, comme d’autres ont aussi décrété la fin de l’histoire. C’est l’offre politique qui est bel et bien dépassée. Mais ce qui a vieilli en elle, ce n’est pas sa part d’ontologie humaine (cette part est immuable), c’est peut-être bien plutôt notre rapport à ce qu’est un projet politique dans le contexte qui est celui de l’Europe d’aujourd’hui. Or l’Europe jusqu’à présent n’a pas de projet politique explicite. Et je ne suis pas sûr que cette réalité du projet, ou plutôt du non-projet politique européen soit révélatrice d’une situation globale. Il y a certainement aujourd’hui, ailleurs, de vrais projets politiques, contestables ou non –là n’est pas la question-, dans le Monde Arabe, aux Etats-Unis, ou dans un certain nombre de puissances émergentes comme l’Inde ou la Chine.

    Voila pourquoi il me semble difficile de nous débarrasser à si bon compte du clivage «droite-gauche», qui n’est pas le reflet d’enjeux historiques passagers mais qui reste propre à l’Homme, et qui est à ce titre irréductible aux perceptions du temps.

    • Axel Dauchez
    • Posté mai 17, 2008 à 7:43
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    Réponse à Jean-Arnaud

    Merci pour cette superbe occasion de commencer la collaboration en ligne

    De l’existence d’une ligne Maginot ontologique entre vouloir changer l’ordre du monde ou adapter l’homme au monde
    Tout à fait d’accord. On est au cœur de la réflexion nelf. C’est dans la prise de conscience de ce rapport homme-monde qu’on peut tenter d’exprimer une vision qui réconcilie résignation et combat, et requalifie la marge de manœuvre de l’homme. Peut être cette ligne doit elle aussi changer (voir plus bas)

    Du fait que cette ligne Maginot reflète l’opposition gauche-droite.
    Pas d’accord. Au XX°, fascisme et communisme voulaient tous les deux changer l’ordre du monde. Moins extrême, en France, aujourd’hui, peut-on encore positionner les progressistes à gauche et les conservateurs à droite ?
    Plusieurs explications à cette déconnexion :
    - La prise d’autonomie du système économique sur le système politique a donné un déterminant externe à la mutation des systèmes politiques : ils ont le devoir de s’adapter. Sous cette nouvelle contrainte, la pensée de gauche devient réactionnaire et la pensée de droite progressiste
    - D’une part, l’accélération des cycles démocratiques contraint la politique à des résultats court terme et, d’autre part, le déterminant des sociétés étant de moins en moins national : il y a de moins en moins de place pour la résonnance avec le parti pris ontologique intime dont tu parles

    Du fait que, sous cet angle, les enjeux du XXI° siècle ne représentent pas une singularité
    Justement si d’après moi. Et ta ligne Maginot initiale est hallucinamment éclairante, car contrairement à toutes les périodes précédentes
    D’une part, « changer l’ordre du monde » est passé d’une utopie plus ou moins saine à une réalité préhensible :
    - nous sommes la première génération à pouvoir détruire le monde et la dernière à ne pas avoir à en subir les conséquences
    - nous sommes en mesure de bientôt pouvoir changer la nature même de l’homme
    D’autre part, après une parenthèse de 3 siècles dans l’histoire de l’humanité, nous reprenons conscience des limites de notre progrès : chaque nouvelle invention a son cortège de dommages collatéraux supérieurs à son bénéfice. La science et le progrès font peur. La résignation revient.
    Ces deux tendances ne sont plus segmentantes comme l’était ta ligne Maginot. Elles se mêle en chacun de nous. Il faut donc les lier dans une nouvelle « conviction intime ». Ca nous fait du pain sur la planche !

    A te lire.

    • Raoul de Torcy
    • Posté mai 20, 2008 à 1:13
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    Pensée droite-gauche, esprit de conquête… Ces thèmes proposés par NELF me ramènent à une réflexion que j’avais notée il y a dix ans à propos de mes lectures d’enfance. J’écrivais au sujet de Tintin : «(…) j’ai alors compris à quel point ce petit bonhomme m’avait éduqué, pas seulement en me donnant une vision étonnamment juste du monde, mais aussi en m’apprenant un grand nombre de valeurs, comme la générosité, l’amitié, le sens de l’humour (celui du capitaine Haddock, pour qui j’ai une affection particulière), et bien sûr le goût du voyage (…) ». Il faudrait s’arrêter sur le coté encyclopédique de Tintin, qui dépasse Jules Verne : si l’on cherche bien dans nos mémoires, où se trouve la toute première image d’un cocotier, d’un bateau, d’un cowboy, d’un avion ou d’un éléphant ; celle qui s’est imprimée en nous de telle sorte que lorsque nous avons ensuite pris l’avion ou le bateau pour rejoindre des jungles et des déserts, côtoyer des guérilleros en arme ou gravir des montagnes, nous avions toujours cette impression de déjà vu ?…
    Mais là n’est pas le propos. On a beaucoup écrit sur Tintin : on l’a psychanalysé, étiqueté, connoté, caricaturé, et politisé, car ce qui étonne et gêne parfois, c’est l’universalité de cette œuvre et de ce héros. Or cette universalité est bien politique en effet : c’est le triomphe d’une pensée de droite, en cela qu’elle célèbre les vertus individuelles d’un héros qui ne cherche pas à changer le monde et pose toujours un regard indulgent sur les méchants, c’est-à-dire ceux précisément qui veulent plier l’humanité à leur vision du monde, tandis que lui combat pour une certaine idée de l’acte gratuit et de la conquête de soi même. A mes yeux, le fascisme n’était pas une pensée de droite au sens philosophique du terme, pas plus que Nietzche ou Maurras, car tous tendaient à promouvoir une vision de la société et non la quête désintéressée de l’individu vers sa propre vérité. La source légitime d’une pensée de droite se trouve plutôt dans la geste chevaleresque, celle-là même que l’on retrouve dans Tintin : l’intégrité du héros se conjugue et se décline avec la générosité et l’humanité d’Haddock, la créativité de Tournesol, la pureté de Tchang, la simplicité de Szût, et d’une manière générale, la vitalité extraordinaire de tous les personnages secondaires.
    Cette vitalité serait donc une vertu de droite, car être de droite c’est croire en l’inspiration de l’individu, et cela nous amène à l’esprit de conquête. Réinventer le « Nouvel Enthousiasme », déployer en nous l’esprit de conquête, c’est revenir à ces après-midis pluvieux de l’enfance, quand nos cerveaux intelligents enregistraient à pleine puissance les histoires d’un petit bonhomme à la houppe relevée qui avait notre visage et notre voix. Il n’y a aucun personnage ordinaire dans Tintin : Lampion, la Castafiore, ou Rastapopoulos, tous possèdent la vertu essentielle de l’énergie vitale. Même les Dupondt, censés représentés la banalité, sont assez extraordinaires pour suivre les oscillations d’un pendule jusqu’au au pôle nord, et s’émerveiller de faire des cabrioles sur la lune avec des cheveux décolorés en rose. Personne ne renonce à être soi même, chacun est à la conquête de sa propre cause. Hergé a osé nous faire croire que l’énergie individuelle est le fondement du génie, qu’il soit génie du mal ou du bien ; et que ce génie est à la portée de tout le monde.
    A l’âge de dix ans, je suis parti en voyage pour la Tasmanie, avec mon cousin Hubert âgé de sept ans. J’avais trouvé sur un atlas cette île au sud de l’Australie, et cela me semblait une terre digne de mes aspirations de conquête. Nous avions préparé une musette avec un goûter et une lampe de poche. Arrivé au bout du bois, nous avons mangé notre goûter, puis Hubert a pleuré ; alors nous avons décidé de remettre ça au lendemain. Ca a été un grand voyage, car c’est le seul dont j’ai vraiment cru ne jamais revenir une fois passée la porte de la maison. Je crois que ce jour là j’ai été un conquérant.

    • patrick fournier
    • Posté mai 29, 2008 à 11:59
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    J’aime bien l’analyse de Raoul sur l’universalité de Tintin et particulièrement sa quête désintérêssée.
    Néanmoins pour moi, Tintin n’explore que les lieux communs de l’hummanité, il est complètement dominé par la conscience rationnelle qui oscille en permanence entre le bien et le mal. Il faudrait qu’il libère sa conscience intuitive, son souffle…

    • Charles Beigbeder
    • Posté juin 9, 2008 à 9:36
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    France: vite un electrochoc !

    Mais qu’est ce qu’il attend ? il a été élu parce qu’il a su répondre à la crise d’identité et proposer une vision généreuse et positive, mais depuis…ça cafouille sérieusement.

    Il faut l’aider à faire des 30 mois qui restent (2011-21012 sont foutues cause élection) qqose d’utile.

    Mon programme:

    1. casser l’éducation nationale et enseignement sup décentraliser tout en région sauf le choix du tronc commun)
    2. un grand soir fiscal (flat tax)
    3. plafonnement des cotisations sociales et patronales au delà de 40 k€ de salaire
    4. rassembler tous les actifs de l’Etat dans une holding dont on cède 49% du capital pour rembourser la dette de l’Etat
    5. un appel à projet pour sélectionner 100 chefs d’entreprise et paver la route pour qu’ils puissent créer 20 milliards d’euros d’activités économiques en France de plus par an sur secteurs de pointe (numérique, énergie nouvelles, infrastructures de transport décarbonées, biotech)

    au travail.

    charles

    • Raphaël Walewski
    • Posté juillet 20, 2008 à 7:33
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    Notre président veut créer un fonds souverain en France : l’idée est bonne ! Mais avec quels excédents ? : peut être avec de nouveaux impôts !!?

    Notre gouvernement devrait s’atteler à réduire les déficits publics et promouvoir la compétitivité en France afin de restaurer des comptes publics et commerciaux équilibrés voire positifs. Alors oui, dans ces conditions un fonds souverain aurait du sens pour pouvoir investir à très long terme dans les grands enjeux de notre monde.

    • bruno alomar
    • Posté août 16, 2008 à 7:36
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    Chers amis,

    La lecture des commentaires ci-dessus, en particulier les deux derniers, me laissent un peu songeur, je dois avouer.

    Je vais essayer de structurer mon propos en allant peut être du plus “superficiel” au plus déterminant.

    Sur le “cafouillage” Sarkozy, et sans faire d’anochronisme, il n’a rien de surprenant…Ayant eu la chance d’avoir été en charge du suivi du ministère des finances (au plan budgétaire)pendant qu’il était présent à bercy, je peux dire que le moins que l’on puisse dire, c’est que la période sarkozy à bercy n’a pas été très féconde. Pas plus d’ailleurs que sa période à l’intérieur…Et par pitié ne rentrons pas à ce stade dans les réflexions “avec Ségolène ça aurait été pire etc.”. NOus savons tous que dans beaucoup de domaines, en particulier la politique, le souhaitable ne peut être atteint. Mais puisque nous avons décidé de réfléchir ensemble, ne nous privons pas de le faire…Sur l’aspect budgétaire, et c’est là à la fois l’ancien technocrate du budget à bercy et le technocrate européen qui parle, une chose est claire (elle l’était déjà avant que la crise économique ne rende une fois de plus les prévisions budgétaires ridicules) : il n’y a pas de volonté de mettre l’Etat sous tension budgétaire…donc il n’y aura pas de baisse significative des dépenses de l’Etat, donc pas d’argent pour financer l’investissement dans notre pays et/ou inciter les plus talentueux d’entre nous à produire, inventer etc.

    Sur le fonds souverain, quelques mots : (i) il existe (c’est la cdc), (ii) la question de l’argent n’en est pas une (il n’y a pas de culture de l’argent bien dépensé en france et tout le monde s’en fout…qui est capable de dire aujourd’hui que les problèmes de pouvoir d’achat viennent aussi de là ? si par exemple la sécu marchait mieux…les remboursements seraient plus élevés etc.)

    Poser la question “Sarko est il bon ou pas bon” n’est à mon avis pas du tout le sujet. Le sujet, c’est de savoir (i) comment créer les conditions pour que les gouvernants soient de bon niveau, (ii) comment créer les conditions d’un meilleur fonctionnement du pouvoir.

    On peut discuter du premier point. Et je crois que le bon gouvernant doit réunir non seulement un certain nombre de qualités (courage, vision, bon sens etc.), qui en aucun cas ne se décrètent… Mais surtout, il doit, je crois, connaître peu ou prou 3 choses (ou à tout le moins y avoir touché) : l’entreprise (parce que c’est elle qui crée la richesse), l’international (parce que nous vivons dans un monde complexe et ouvert), les institutions publiques (parce que c’est compliqué, l’Etat, l’Europe…et que de la même manière que nous trouverions débile de mettre à la tête de Renault un acteur de théatre, l’exercice du pouvoir, pour paraphraser le vieux mittrand, “c’est un métier”). Je ne voudrais pas être pessimiste, mais une chose m’apparait claire : le système politique français est incapable de “sécréter” ce type de profil, pour au moins 10 à 20 ans …Et je crois que c’est l’un des plus grands maux du système sarkozy (mais encore une fois avec sego…) : donner l’impression qu’il suffit d’être de tel parti, de tel sexe, de telle couleure etc. pour être ministre de l’intérieur, de l’économie, garde des sceaux etc.

    Mais je crois que le point essentiel n’est pas là…Le point essentiel c’est de se demander comment il se fait que la France soit le seul pays dans lequel autant de choses doivent être décidées à l’Elysée par un seul homme (ou une seule femme)…entouré de si peu de personnes.Ce que je veux dire, c’est que toute personne qui a un peu étudié le fonctionnement des autres systèmes politiques (américain, anglais, allemand), est frappé par la disproportion entre l’ampleur des pouvoirs de notre président (le président américain est infiniment moins puissant, pour ne pas parler du chancelier allemand), et ce qu’il en fait. Vous n’aurez pas de réforme de l’Etat, pas de grands débats publics sur l’objectivation de la performance publique, sur la nécessité d’avoir des fonds souverains, sur l’environnement, sur les biotechnologies etc. tant que l’exécutif sera intouchable. Et j’attire votre attention sur un point qui m’apparait de plus en plus clairement, au fur et à mesure que je m’éloigne de la France. C’est que ce pays n’est pas une véritable démocratie (ou peut être est ce une démocratie inachevée) par rapport aux autres de ses partenaires comparables. La démocratie suggère l’élection et la liberté de créer des partis. Ceci nous l’avons clairement. Mais elle suggère aussi des contre pouvoirs puissants à tous les niveaux…Or il n’existent pas en France ! Le parlement est le paillasson sur lequel l’executif et les hauts fonctionnaires s’essuyent les pieds, il n’y pas de pouvoir judiciaire (parce que dans notre pays de tradiction latine la politique prévaut toujours sur le droit), pas de pouvoir médiatique (parce la presse est beaucoup plus faible par exemple que dans les pays anglo saxons), pas de pouvoir local (contrairement aux landers allemands, aux communautés autonomes espagnoles, aux états fédérés américains)…Il n’y a qu’un homme seul entouré de fidèles…Le seul véritable contre pouvoir…qui a fait tant pour notre pays (et vice versa), mais dont le pouvoir en place (autant d’ailleurs que l’opposition) n’a que faire, c’est l’Europe…qui elle même est en piteux état.

    J’insiste là dessus… la maladie de langueur de la France, même si ça semble un débat de techno dont tout le monde se fout, c’est largement son système politique. Ou pour le dire autrement, toutes les réflexions, les idées qu’on peut développer seront étouffées si ce problème là, au fond le principal – comment les hommes se gouvernent – n’est pas traité !

    Tant (i) que la politique ne réunira que des brêles (car c’est de plus en plus le cas : regardez les ministres aujourd’hui…et les ministres de mitterant 1 ou chirac 1986 c’était quand même autre chose), (ii) mais tant surtout que le système institutionnel restera ainsi, on ne fera pas grand chose en France. Par “pas grand chose” je veux dire que le réservoir exceptionnel d’intelligence, de créativité de ce pays restera toujours sous employé, mal valorisé…quand il ne se sera pas délocalisé…

    Alors que faire ? Je crois que ce que nous faisons est utile. Je crois aussi que si un jeune garçon ou une jeune fille soucieux de changer les choses en France, habité(e) par cet enthusiasm for life qui nous réunit, me posait la question, je lui dirai certainement : monte un parti politique ou fonde un journal…

    Desolé d’avoir été un peu long. Vue depuis la fenêtre européenne, la France ressemble de plus en plus à l’Italie…belle et terriblement triste !

    A cio


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