L’accès aux ressources stratégiques a toujours été enjeu central des nations et une source de conflits militaires.

Cet accès est il particulièrement plus crucial au XXI° siècle qu’aux siècles précédants ?

Il faut distinguer 3 types de ressources stratégiques :

1.      Les ressources de subsistance (eau, nourriture, air)

2.      Les ressources de niveau de vie et de capacité de développement (énergie)

3.      Les ressources de capacité militaires (uranium)

Quelques intuitions ou éclairages :

Nourriture :

en dépit des « émeutes de la faim » qui ont ému le monde parce qu’elles se situaient dans les villes (les pénuries sont majoritairement rurales et sont moins impactantes médiatiquement), le problème de la faim :

-         N’est pas un pb de capacité de production, mais un pb de pauvreté de 2 milliards d’individus. La terre peut nourrir 12 milliards d’hommes et on devrait se stabiliser vers 8 (qui sait ?).

-         N’est pas en accroissement : besoins en croissance annuelle de 1,35%, i.e. le tx de croissance démographique + une contribution très mineure liée aux changements d’habitudes de consommation de certaines personnes dans certains pays.

-         Est plus visible, car l’exode rural délocalise les mal nourris vers les villes au lieu de se cantonner dans les campagnes

En revanche, un système économique complexe mélangeant spéculation, stockage/déstockage, délocalisation de la production, génère des singularités choquantes (e.g. un paysan producteur d’un pays exportateur n’a pas les moyens de nourrir sa famille).

De plus, ce système économique complexe reflète souvent indirectement une compétition pays riches / pays pauvres sans se l’avouer : les PAC et les subventions d’Etat protège les pays en questions mais par effet rebond détruisent les filières d’autosuffisance des pays pauvre (le déstockage quasi gratuit de la viande de bœuf européenne au moment de la vache folle vers l’Afrique a détruit les filières correspondantes dans pas mal de pays africains)

A priori, pas de risque politique particulièrement aigu lié à l’accès à la nourriture

 

Eau :

Enjeu monumental que je ne connais pas : certainement plus aigu au XXI° siècle car il est très impacté (contrairement à la nourriture) par le cgt de mode de vie des individus.

Les solutions techniques de désalinisation pourraient le résoudre mais :

-         ils posent le pb de la disponibilité de l’énergie nécessaire à cette opération

-         le prix de revient va, comme pour la nourriture, va comme pour la nourriture, transformer le pb de l’eau en pb de niveau de vie et non en pb capacitaire

A priori, risques particulièrement aigu eu XXI° siècle

 

Air :

Peut être un pb à terme. Je crains que si nous arrivions à  un pb d’accès à l’air « consommable », nous ayons eu d’autres pb plus graves avant !

A priori, pas de risque particulièrement aigu au XXI° siècle

 

Energie :

Inutile de dire que c’est peut être le risque fondamental. Les risques politiques et militaires liès à la raréfaction des énergies fossiles est majeur et très court terme :

-         c’est un pb de pays riche, i.e. de pays qui ont des moyens militaires non conventionnels

-         c’est un pb absolument indépendant des problématiques de développement durable : avec un peu da chance, il existe des solutions aux deux pb !

-         Contrairement à la nourriture, comme pour l’eau, la consommation évolue majoritairement par le changement de mode de vie des population et minoritairement par l’accroissement démographique.

-         l’épuisement des ressources est maintenant datable même si tout le monde n’est pas d’accord : les actions stratégiques des nations pour se protéger ont donc lieu maintenant (Irak, Accord gazier Franco-Algérien,…). Des conflits majeurs en résultant pourrait avoir lier d’ici 10 ans

A priori, c’est un risque majeur

 

Uranium/Plutonium :

Pas d’avis sur le sujet

 

En synthèse, l’accès à l’eau et à l’énergie risque d’entrainer notre planète dans un engrenage de conflits politiques majeurs.

Merci de commenter, réfuter ou completer cet embryon de réflexion : est ce vraiment un enjeu majeur ? comment le décrire ? quelle solutions visibles ? quel riques inhérents ?…

 

5 commentaires 

    • Guillaume Ernst
    • Posté mai 11, 2008 à 11:20
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    Article très interessant de la part de Guillaume Ernst :

    http://www.gold-eagle.com/editorials_05/petrov011606.html

    Il s’agit de la même interprétation que celle développée par William Engdhal que je viens de terminer : “Pétrole, une guerre d’un siècle: l’ordre mondial anglo-américain” , William Engdhal ajoutant de nombreux détails sur le rôle (et les bénéfices) de la perfide Albion, ce qui permet de voir d’un autre oeil, par exemple, l’engagement de l’Angleterre auprès des Etats Unis pendant la guerre contre l’Irak ainsi que la moue dédaigneuse de l’élite anglaise devant le projet d’adhésion à l’union monétaire, ou encore sa volonté d’entrer dans l’Europe (et les réticiences de CdG).

    • Frédéric de Manevill
    • Posté mai 13, 2008 à 6:56
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    Ce petit article paru dans LES ECHOS résume assez bien le problème colossal que nous devons affronter: l’épuisement des ressources naturelles.
    http://www.lesechos.fr/info/analyses/4713942.htm

    • Amaury de Villers
    • Posté juin 2, 2008 à 8:29
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    Les nations, les Empires vont redevenir ce qu’ils ont été : le moyen pour chacun de se garantir l’accès aux biens vitaux.

    La violence de l’accumulation sans limites, de la prédation et de l’irresponsabilité est partout. Si la question de la survie est posée, et elle l’est, la primauté du politique, par le retour du collectif, n’est qu’une question de temps.

    Face à la montée, ici ou là dramatique, de la rareté des biens naturels, les arbitrages ne se feront pas sans une primauté du collectif sur l’individuel, et sans sacrifice de gains ou de profit immédiat à la puissance future.

    Mais la sécurité nationale d’approvisionnement en ressources stratégiques, le défi des biens publics comme peuvent l’être les dernières grandes forêts primaires, les glaciers, etc. seront sans doute relevé de manière inattendue : par les fonds et l’action privée sous contrôle international. Problème des failed states. Si le Brésil n’est pas capable de sauvegarder la forêt primaire, ne faut il pas que des forces internationale s’en chargent à sa place ?

    • nelf
    • Posté juin 22, 2008 à 5:24
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    Question de la semaine du 16 juin

    Démocratie, organisations internationnales, marché,… Quelle force peut empécher une nation d’entrer en guerre pour préserver son niveau de vie ?

    • Raphaël Walewski
    • Posté juillet 20, 2008 à 7:32
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    Un article dans la Tribune du 2 juillet recommande la lecture du livre « L’eau, source de menaces ? » de Barah Mikaïl :

    « Dans cet ouvrage clair et synthétique Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), explique comment cette ressource, inégalement répartie sur la planète, peut être source de conflits et de tension à l’avenir. Il dresse un véritable état des lieux des enjeux géopolitiques, sanitaires et juridiques posés par l’accès à l’eau douce. »


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